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Rapport GIEC octobre 2018 : le déclic ? +1.5°C, est encore possible pour Jim Skea et le GIEC

Retour sur la conférence du 18 octobre à Agroparistech avec Jim Skea, co-chairman du groupe 3 du GIEC, organisé par le CIRED. Nicolas Viard de Agro'Innov a accepté pour le compte de la commission Energie de L'AFITE d'en effectuer une courte synthèse.

 

Le titre du rapport du 8 octobre 2018 résume les enjeux : "Réchauffement planétaire de 1,5°C - Rapport spécial du GIEC sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels et les profils connexes d'évolution des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dans le contexte du renforcement de la parade mondiale au changement climatique, du développement durable et de la lutte contre la pauvreté".

Ce rapport a mobilisé 133 rédacteurs de 40 pays, 6000 études de recherche scientifique, 1113 correcteurs et plus de 42 000 commentaires

Les messages clefs sont sans ambiguïté : avec déjà +1°C, le changement climatique impacte déjà les femmes et les hommes, et tous les écosystèmes sur terre. Limiter le réchauffement climatique à +1.5°C n'est pas impossible à condition qu'une transition globale, immédiate, rapide et sans précédent, soit mise en oeuvre. La différence entre un réchauffement de +1.5°C et +2°C, c'est un monde sans barrière de corail, un océan arctique sans glace en été, des écosystèmes comme le permafrost irrémédiablement détruits et un aller simple vers un réchauffement global devenu incontrôlable. Au rythme actuel des émissions de CO2, le +1.5°C sera atteint entre 2030 et 2050 et +3°C à la fin 2100.

Le GIEC a étudié plusieurs dizaines de scénarios pour maintenir de façon pérenne le réchauffement à +1.5°C avec un dépassement maximum à +1.6°C. Les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone (CO2) d'origine anthropique devraient être réduites d'environ 45 % par rapport au niveau de 2010 d'ici à 2030, et il faudrait atteindre un «bilan nul» des émissions aux alentours de 2050, ce qui signifie que les émissions restantes devraient être compensées en éliminant du CO2 de l'atmosphère. Ces scénarios peuvent être regroupés selon 4 profils :

  1. le P1 vertueux avec réduction drastique de 50% des émissions de CO2 dès 2025 et totale en 2050. Ce scénario nécessite la séquestration de carbone par la reforestation et l'agriculture,
  2. le P2, ambitieux avec réduction de 45% des émissions en 2030 et totale en 2050. Ce scénario implique une séquestration naturelle et technologique du carbone avec des investissements relativement modérés,
  3. le P3, sans ambition et en ligne avec les stratégies établies, avec réduction de 50% des émissions en 2050 et totale en 2060. Ce scénario implique une séquestration naturelle et surtout technologique du carbone avec des investissement importants,
  4. le P4, le modèle Trump, se base sur une réduction des émissions de 30% en 2030 après une croissance jusqu'en 2025 et totale en 2050, avec une séquestration systématique du carbone dès 2030 afin de compenser les émissions produites et piéger les émissions générées jusqu'en 2030. Les investissements nécessaires pour ces technologies de séquestration de carbone seront importants et impacteront négativement les objectifs de développement durable (SGD) tel que définis par l'ONU.

La nécessité de séquestrer du carbone par des technologie CDR adaptées (Carbon Dioxide Removal) est un des facteurs clefs de succès de tous les scénarios pour atteindre, ou éviter de dépasser +1.5°C, même marginalement. Ainsi dans un contexte de zéro émission en 2050, les CDR sont indispensables pour maintenir ou réduire le CO2 de l'atmosphère. La séquestration par le reboisement et l'agriculture peut être suffisante dans quelques scénarios basés sur une réduction importante et prenne de la demande en énergie. Mais les plus nombreux intègrent surtout le développement des BECCS (bioenergy with carbon capture & storage) coûteuses mais capables de piéger le CO2 issu de l'usage des biomasses. Dans tous les cas, le développement des CDR passe par une prise en compte globale des terres, de la nourriture et de l'eau, des écosystèmes et de la biodiversité.

+1.5°C de réchauffement impose des transformations rapides, profondes et sans précédent dans tous les domaines pour atteindre zéro émission en 2050 :

  • transformation radicale des comportements et des technologies,
  • quintuplement jusqu'en 2050 de la croissance annuelle des investissements dans les énergies bas carbone et de l'efficacité énergétique,
  • 85% de production d'électricité renouvelable en 2050,
  • disparition totale du charbon dans le mix énergétique en 2050,
  • décroissance progressive du pétrole et du gaz,
  • réduction drastique des émissions dans les secteurs du transport et du bâtiment,
  • refonte des modèles d'agriculture, d'aménagement du territoire et d'urbanisme.

Le changement climatique impacte d'abord par ses effets lourds de conséquences sur les écosystèmes, la santé et le bien-être des populations. Les scénarios les plus bénéfiques en termes de développement durable passent par une faible demande en énergie, en matières premières et reposent sur une alimentation riche en protéines végétales et produite grâce à une agriculture décarbonée et séquestrant du CO2.
La COP24 de décembre 2018 à Katowice en Pologne, sera l'occasion de mesurer l'appropriation par les gouvernements des scénarios à mettre en oeuvre dans les prochains mois avec les parties prenantes de la finance, de la recherche et des populations.

Nicolas Viard - Agro'Innov
Nicolas.viard@agroinnov.com
Octobre 2018

Pour en savoir plus...

Publié le 12/11/2018




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